04/04/2026• Sud Ouest
REPORTAGE. Football. " De la sueur et du rêve ", une semaine avec les U17 de Villenave-d’Ornon, qui tiennent tête aux clubs pros
Les moins de 17 ans de la Jeunesse Villenavaise caracolent parmi les meilleures équipes du championnat national, dans un club locomotive de la formation aquitaine. Nous les avons suivis quelques jours Depuis deux saisons, les moins de 17 ans de la Jeunesse Villenavaise jouent au plus haut niveau de leur catégorie d’âge, les U17 Nat (pour National). Et pas qu’un peu, puisqu’ils sont parmi les premiers du classement de leur poule, l’une des six des 16 équipes, où ils croisent le fer avec l’Olympique de Marseille, le Toulouse FC, Montpellier, Rodez, des clubs pros.Dans ce championnat scruté par les recruteurs, tous rêvent de signer dans un centre de formation, certains d’entre eux l’ont déjà fait pour l’an prochain. Dirigeants, entraîneurs, joueurs nous ont laissés partager un peu de leur quotidien, avant un grand match à domicile contre Toulouse, suivi d’un déplacement à Marseille. Entrez dans un monde où l’on joue, mais où l’on joue sérieux.
Sommaire
1. Mardi, des herbes folles et une belle récolte2. Dans l’ombre et le silence, un rêve : devenir pro3. Des millions de vues sur les réseaux sociaux4. Vidéo, kiné, tactique : comme des grands, ou presque5. Le choc contre Toulouse vécu de l’intérieur
1. Mardi, des herbes folles et une belle récolte
La Jeunesse Villenavaise est l’une des quatre équipes jeunes de Nouvelle-Aquitaine à évoluer au niveau national, avec Marmande, Angoulême, et Poitiers en U19.
GUILLAUME BONNAUD / SO
Derrière les clôtures du terrain d’entraînement, les ballons envolés se cachent dans les herbes folles, qui attendent la coupe de printemps. Les joueurs vont les chercher eux-mêmes, les retrouver là-dedans, surtout la nuit, est plus ardu qu’un contrôle en pleine course.Ici, c’est le Domaine de la Junca, de la Jeunesse Villenavaise, avec sa poignée de terrains, décor classique d’un club amateur de 400 licenciés, d’une commune de 42 000 habitants à la lisière de Bordeaux. Une petite tribune sur un côté du terrain d’honneur, une butte en face, et des arbres penchés au-dessus de la main courante, un joli club-house, voilà le décor.Sur la moitié du synthétique -l’autre est occupée par les U18- les U17 Nat s’entraînent. Le ballet collectif transpire le haut niveau, l’harmonie d’un groupe constitué pour moitié de joueurs formés au club, au moins depuis trois quatre ans, l’autre arrivée à la rentrée, des Girondins, de Mérignac, Niort… Pour parvenir à un tel niveau, le club forme, recrute, et voit aussi partir les meilleurs vers les centres de formation. Et dans cette génération des 2008, la récolte est bonne.
Le groupe de Villenave, pour le match de Toulouse.
Instagram Jeunesse Villenavaise.
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Le groupe est varié : des grands costauds aux allures de seniors, des petits à trois poumons, des flèches…Retour sur le terrain d’entraînement. Le mardi, tout le monde n’est pas là, les élèves de la section sports études du lycée Daguin de Mérignac ne viennent que le vendredi. Le groupe est varié : des grands costauds aux allures de seniors, le capitaine et défenseur Clément, l’attaquant James, des petits à trois poumons, Souleyman le 10, Jules, Fabio, Nathan, des flèches comme Amir, Sohan…
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Légende : l’équipe, le jour de sa victoire 3-0 contre Béziers, qui lui assurait dès le 15 mars le maintien en U17 la saison dernière.Il n’est pas nécessaire d’être un grand spécialiste du foot pour voir qu’il y a du niveau. Tout le monde porte la tenue du club, zéro maillot de fans du PSG, Barcelone et autres. Le patchwork vestimentaire, c’est pour les catégories en dessous.
Une belle équipe, formée avec des joueurs du cru et certains des meilleurs éléments de Gironde, voire de la région.
GUILLAUME BONNAUD / SO
Autre indice : l’exercice est compliqué, un petit terrain, quatre buts, trois couleurs de chasubles, ça joue vite, intense, le ballon est toujours en jeu. La précision technique résiste au rythme essouflant, le son est celui de ballons caressés par une bonne technique.Soussou (Souleyman) met le son aussi, et le chambrage. « Ah, ça va trop vite pour vous les gars ! » rigole le meneur, énergique en diable et l’un des ambianceurs patenté du groupe. « Bah, pour une fois que tu te replaces ! » contre-chambre le staff… Ça, c’est dans toutes les équipes.Ça travaille dur, avec le maximum de moyens possibles mais pas tout à fait à armes égales avec les clubs pros, comme le montre l’article ci-dessous,
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« Ils sont là pour ça, être recrutés par des centres de formation. Mais je leur dis ‘‘jouez pour l’équipe !’’ «L’ambiance de travail est très bonne, parfois trop ! sourit l’entraîneur Luca Martin. Ce sont des ados, avec les conversations de leur âge, pleins d’énergie. L’équipe est collective. L‘an dernier, j’avais plus une somme d’individualités. Là, ils sont généreux dans les efforts, chacun travaille pour tous. »Il y veille : dans la semaine, un joueur sera sorti du groupe pour excès d’individualisme au match précédent. Un autre sera menacé de remplacement en cours de match contre Toulouse s’il ne lâche pas la balle, malgré une intense activité dans la récupération. «En U17, la jouer collectif est une valeur à défendre pied à pied. « Ils sont là pour ça, être recrutés par des centres de formation. Ils n’en parlent pas, pas à moi en tout cas, je suis le coach, entre eux sans doute, mais ils y pensent, beaucoup. Ils sont là pour ça, et c’est ce qu’on leur souhaite. Je me bats pour qu’ils ne jouent pas pour un projet individuel, tente de se montrer par des gestes sans utilité pour l’équipe. Je leur dis ‘’jouez pour l’équipe, lâchez des ballons propres, c’est comme ça qu’on vous remarquera. »2. Dans l’ombre et le silence, un rêve : devenir proMercredi. Parlons de ce dont les joueurs ne parlent pas avec le coach et à peine entre eux : la possibilité de devenir pro. Ce rêve omniprésent et silencieux, suit comme une ombre, en permanence, ces ados de 16 ans. Ils attendent un premier contact, une invitation, c’est-à-dire quelques jours d’essais,Entre nous, on n’en parle pas, même quand on fait des essais. On ne le dit que quand c’est officiel »
Luca Martin, coach, au milieu de ses troupes.
GUILLAUME BONNAUD / SO
« Entre nous, on n’en parle pas, même quand on fait des essais », raconte Dylan, piston impeccablement tressé, « parce que ça peut attirer la jalousie » (Kelyane, défenseur mahousse). Ce silence « permet de rester zen » pour Axel, de « ne pas s’attirer la poisse, reconnaît James, avant-centre colosse. L’année dernière, j’avais fait des essais à Dijon, ils m’ont dit qu’ils me prenaient, je l’ai dit à tout le monde et finalement non. Alors, on ne le dit que quand c’est officiel, c’est le coach qui l’annonce. »Les scouts des clubs pros les observent, en direct ou via la plateforme EyeballLe rêve les suit comme une ombre, on n’exagère pas. « Les scouts des clubs pros viennent les observer en match, on sait qu’ils sont là mais on ne les voit pas, raconte Luca Martin. Ils les évaluent aussi à distance, sur Eyeball. C’est une plateforme vidéo, qui nous donne le matériel, tout est payé par la cotisation des clubs pros à Eyeball. »Si un jeune crève l’écran, la deuxième étape reste toujours dans l’ombre. « Les recruteurs m’appellent, prennent des renseignements. Ils ne s’adressent pas directement aux joueurs ou aux parents, c’est la régle, sinon, c’est qu’ils ne sont pas sérieux. Idem s’ils veulent lancer une invitation, la date doit être calée avec moi pour ne pas gêner l’équipe. »Parfois, rarement, la lumière se lève. Deux joueurs ont signé à Montpellier la saison dernière, un à Guingamp. Cette année, « le chiffre pourrait monter à quatre ou cinq » estime Luca Martin, qui voit partir sans amertume ses garçons, au contraire « c’est notre vocation et notre fierté. » Cela n’a pas traîné pour Axel, venu des Girondins partira pour Angers cet été.Le gardien Guilhem va signer à Lille. Courtisé par six clubs, il n’a eu que l’embarras du choix.« Quelques clubs étaient intéressés assez tôt, raconte le milieu de terrain, ils appelaient le club mais ça ne débouchait pas sur du concret. Puis Angers m’a invité à des essais en novembre. J’ai fait lundi, mardi et au troisième jour, ils ont convoqué mes parents pour faire une proposition. Tout collait, les conditions d’études, très importantes, l’ambiance aussi, très familiale, l’attention envers moi de l’encadrement et des autres joueurs, parfois ça se passe plus durement » concurrence oblige.Le gardien Guilhem Destouesse va signer à Lille, il n’a eu que l’embarras du choix. « J’ai eu six sept clubs tout au long de l’année. Cela a démarré par des essais en octobre, je ne pensais pas qu’il y en aurait beaucoup, mais il y a en a eu un deuxième en novembre, et tout s’est accéléré, avec beaucoup de contacts, cinq ou six, entre janvier et mars, à chaque fois trois jours à une semaine.
Guilhem Destouesse a été suivi et courtisé par six ou sept clubs cette saison.
GUILLAUME BONNAUD / SO
Je ne m’y attendais pas, surtout que ce sont de très gros clubs, Lille, Paris SG, Nantes, Angers. Comme les clubs essaie plusieurs joueurs à chaque fois, à différents postes, pour que chacun ne soit pas seul, j’étais avec des Brésiliens, des Nigérians, des Burkinabes… »« C’est très impressionnant oui, c’est évident. Je suis d’un naturel calme, ça me sert, parce qu’évidemment il y a de quoi vite s’enflammer… » Le grand gardien a même été invité au match aller de Ligue Europa contre Aston Villa, classe, mais ce n’est pas cela qui a fait la décision.
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« J’ai choisi mon club car j’y ai trouvé des personnes très compétentes, dont un coach qui a formé plusieurs grands gardiens. J’ai apprécié la qualité des infrastuctures et enfin le projet sportif : l’horizon n’est pas bouché, je sais dans quelle équipe je vais jouer, avec la possibilité de monter… »Entrer dans un centre de formation n’est pas facile, mais c’est après que le plus dur commence.Et dans ses bagages, toujours ce calme et ce sérieux d’un garçon qui, quand il porte ses lunettes, fait jeune ingénieur. « Je sais que ce n’est que le début. Entrer dans un centre de formation n’est pas facile, mais c’est après que le plus dur commence. Je n’ai pas d’agent, j’ai quelqu’un qui me conseille, je signerai un contrat à 18 ans si ça continue à bien marcher. » Même démarche pour Axel.Il faut garder les nerfs solides. Plusieurs agents « tournent autour et essaient de me récupérer » confie Guilhem. Et quand les gros clubs s’arrachent des jeunes de 16 ans, certains proposent parfois des primes à la signature à six chiffres, même en stagiaire pro…Il faut y croire jusqu’au bout. L’an dernier, un joueur a signé pour Guingamp à la dernière minute, en juillet.
James : « il faut y croire jusqu’au bout. »
GUILLAUME BONNAUD / SO
Deux autres joueurs ont plusieurs contacts et on fait des essais, sans prolongement à l’heure où nous écrivons ces lignes. D’autres ont attiré des regards Plus le temps passe, plus l’espoir d’un destin pro se contracte, mais il faut y croire jusqu’au bout. « L’an dernier, cela s’est fait sur un essai de dernière minute, en juillet pour celui est parti à Guingamp » se souvient James.« On arrive à jouer libérés, malgré tout » assure le capitaine, Clément, alors que la plupart ne savent pas s’ils seront en U18 l’an prochain ou ailleurs. « La suite, je ne sais pas, c’est dans ma tête mais j’y penserai à la fin. » Alors, en attendant, on travaille dans l’ombre et on attend la lumière.3. Des millions de vues sur les réseaux sociauxLes U17 de la JV ont fait le tour du monde sur les écrans, ce n’est pas une blague. La saison dernière, le vidéaste MCVisual (mcvisual_ sur instagram) a fait 5 millions de vues sur tik-tok avec ce but en extension du VilIenavais chem. « Il a été vu à travers le monde entier, sans doute parce que le geste était la copie conforme du logo de la Bundesliga, le championnat allemand » raconte l’auteur. C’est son record, mais lui et les cinq six photographes de réseaux fidèles du stade cumulent régulièrement des dizaines de milliers de vues en couvrant les matchs.
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Des photographes et vidéastes accrédités assistent à chaque match de la JV.
GUILLAUME BONNAUD / SO
Leurs comptes, phototographe-girondins, titou_photography, ang.graph par exemple, appartiennent à Arthur, Titouan, Angelo Hachard, enfants d’internet d’à peine 18 ans. L’un se déplace en voiturette électrique sans permis sur tous les meilleurs matchs de Gironde, Angelo voyage à Saint-Étienne, Rodez, il a travaillé pour le Red Star comme « media club », le graal, le seul rôle qui rapporte vraiment.
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À 22 ans, Mathis est presque un doyen et le plus proche du professionnalisme. « Je suis salarié mais j’ai lancé en parallèle mon auto-entreprise de vidéaste et le média de foot amateur Onze Aquitain » explique-t-il. Ses résumés de matchs, sur insta et tik-tok, peuvent faire « 150.000 et 30.000 vues pour les deux parties du résumé du dernier match de Villenave. » Il vient de lancer sur youtube des docs longs formats de 20 minutes « Au cœur de la formation ».Les week-ends, il est partout, en U17 Nat, U19 Nat, plus les Girondins U15 et U16, à Pau. Son graal serait de travailler « pour des clubs pros, mais il y a beaucoup de concurrence. »De l’autre côté de l’écran, les joueurs en profitent. A la « fierté de jouer ce championnat, d’appartenir à une minorité » (Kelyane), ce qui « fait son effet dans la cour du lycée » (Rayan), s’ajoute « cette exposition sur les réseaux, tout le monde veut voir nos images. »Les comptes du club (jvillenavaise sur insta) font eux aussi « deux millions de vues par mois pour les publications sur les 15-25 ans” annoncent les deux co-présidents, Sébastien Paulin et Adrien Liégeon, « mais cela ne se concrétise pas par plus de sponsors, en plus de nos fidèles partenaires. Il faudrait sans doute avoir un salarié dédié à la recherche de sponsor, mais cela a un coût, ou un profil de dirigeant bénévole qui ait de telles compétences. »Puisqu’on parle d’argent, sachez qu’un déplacement « des U17 Nat à Marseille nous coûte moins cher qu’un voyage des U15 à Bayonne, disent les dirigeants, parce que la Fédération indemnise les clubs pour le niveau national. » N’empêche, plus on approche du match, plus on voit combien l’équipe U17 mobilise tout un club.4. Séances vidéo, kiné… Comme des grands, ou presqueVendredi, veille du match contre Toulouse. Les joueurs sont tous là, convoqués à 18h50 au lieu des 19h30 habituels, devant un staff mobilisé. Le soigneur, Nathan, étudiant en kiné, cale quelques straps et massages, un peu avant et un peu après la séance vidéo. Qu’assure Mattéo, statutairement jumeau du préparateur physique Théo : les deux, 22 ans, sont en service civique et étudiants en STAPS. Le co-président Adrien Liégeon et d’autres bénévoles entourent l’équipe, tout au long de la semaine.
Nathan Lamarque, soigneur et étudiant en kiné.
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« C’est peut-être la dernière séance vidéo de l’année, parce que cela nous prend beaucoup de temps. »Les soins, c’est une table de massage dans le vestiaire et chacun à tour de rôle. La vidéo, c’est une séance de débriefing de matchs en début de semaine, une de prépa la veille de la rencontre suivante, et parfois des points individuels. La séance de vendredi a lieu au club house du club, une salle avec un bar. À côté, sur la terrasse, l’apéro a commencé, il y aura quelques allées et venues dans la salle et « tu vois, ça, c’est une autre différence avec les clubs pros, eux ont des salles à part » fait remarquer Luca Martin.
Mattéo, étudiant en STAPS, dirige la séance vidéo d’avant-match au club-house. Les bénévoles prennent un apéritif dehors.
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« C’est peut-être la dernière séance vidéo de l’année, annonce d’emblée le coach aux joueurs. Parce que cela nous prend beaucoup de temps, à Mattéo et au staff. Si vous perdez contre Toulouse, on arrête. Si vous gagnez, on fera l’effort aussi, on continuera, surtout qu’il y a une belle, place à aller chercher au final. » La JV peut rêver de la 3e place si elle bat le TFC.Ils jouent haut et les trois de leur 3-5-2 derrière, c’est des papas, on ne les passe pas comme ça ! »Mattéo enchaîne. Trois minutes sur les détails à améliorer par rapport à la victoire 3-0 contre Béziers, plus huit sur Toulouse. C’est pointu, les joueurs sont studieux. Thèmes : comment mieux couvrir la profondeur quand le porteur de balle adverse n’est pas marqué (et donc peut faire mal sur sa relance) ; mieux sortir sur les joueurs excentrés et les dédoublements qu’affectionnent le TFC ; combler les espaces entre les lignes. Utiliser les relances longues comme celles du gardien Guilhem vers le rapide Amir, « vous allez voir Toulouse joue très haut, le gardien dans le rond central et les trois de leur 3-5-2 derrière, c’est des papas on ne les passe pas comme ça ! »« S’ils ne viennent pas avec la grosse équipe, on pourra leur faire mal, tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à nous prendre au sérieux. »« Ils joueront à quatre derrière s’ils ne viennent pas avec la grosse équipe (NDLR : c’est-à-dire avec des U16) et là on pourra leur faire mal, et ce sera tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à nous prendre au sérieux » tonne Luca. Comment attaquer contre eux ? En résumé, des attaques dans leur dos, des déplacements et du jeu rapide entre les lignes, « des centres sur les zones libres de leur défense : second poteau et entrée de la surface, la zone 14. »Fin de séance et là aussi on voit qu’on est dans un petit familial. « Oh les gars, on range les chaises ! Deuxième chose, ce soir on s’entraîne sur le terrain d’honneur, donc à la fin, on rebouche les trous, ça doit être un tapis demain ! »
L’entraînement a lieu sur le terrain d’honneur. À la fin, les jeunes joueurs reboucheront eux-mêmes les trous en prévision du match du lendemain.
GUILLAUME BONNAUD / SO
L’entraîner, léger, est classique : tactique, finition, coups de pied arrêtés. Les joueurs espèrent revivre le grand frisson de la visite de Marseille. « Mes deux meilleurs souvenirs se souvient le gardien Guilhem, c’est la première victoire pour le premier match, à Gardane, et celui contre Marseille. On avait bien joué même si on n’avait pas gagné (2-2), il y avait une ambiance folle, 1.500 personnes, et le Panthère Kop (NDLR, groupe de supporters) avait été génial. »5. Au cœur de match : « On leur fait croire que la foudre est passée et on ressort ! »On ne va pas vous refaire le match. Mais voici les causeries de Luca Martin avant le match à la mi-temps, où l’on voit tout un groupe réfléchir à comment adapter la défense aux mouvements toulousains.
Amir, auteur du premier but.
En quelques photos, le déroulé du match, où Villenave va rapidement marquer et se faire rejoindre avant la pause.
La causerie de la mi-temps : « Quand on combine, propre, dans les pieds, oh, j’ai l’impression que c’est le Barça ! »
Au final, devant 500 à 600 spectateurs, Villenave a perdu 1-2, après avoir ouvert le score, encaissé une égalisation assez rapide et logique, puis un penalty catastrophe : une main d’un défenseur sur un contrôle raté, le ballon remonte vers les bras, alors que le joueur était seul. La JV a poussé et dominé la fin de match mais en restant sur sa faim.Au score de la soirée, aussi, de la joie, beaucoup de jeu, une vraie tristesse au final, et beaucoup de valeurs. Sur les murs du vestiaire, des cartons les affichent en quelques mots. Il y a du classique (cohésion, enthousiasme… ») et du plus inattendu : audace, courage, sourires, rires… Quel que soit le classement, la perf de ces U17 restera, cette saison spécialement, exceptionnelle